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Impressions d'affût

Ca tourne pour les M1 !

 

Les étudiants en première année sont en plein tournage de leurs films. Je vous livre quelques premières impressions d'affût !

 
Dring Dring !!! Le réveil sonne. Il fait encore nuit. C'est dur de sortir de sa couette bien chaude, car la fraicheur a envahie la pièce pendant la nuit. Mais il faut se lever, car ce matin je pars à l'affût aux chevreuils.

J'ai installé l'affût depuis plusieurs jours dans la forêt en repérant un passage fréquenté par les animaux et en trouvant une de leur couchette.

Dehors tout est calme. Un petit vent vivifiant finit de me réveiller rapidement ! Je progresse le long des haies et des champs à la lumière de ma lampe frontale. Je me rapproche de la forêt, la lisière n'est plus très loin.

Soudain un cri se fait entendre. Une hulotte est posée dans les environs. Je m'arrête un moment, et j'écoute. Impossible de l'apercevoir. Elle, je pense qu'elle m'a vue depuis un bon moment ! Je reprends mon chemin, et je pénètre dans la forêt. L'obscurité est encore plus forte. Un léger vent fait bouger la cime des arbres. Le son des branches qui s'entrechoquent créé une atmosphère où l'on se sent pas forcément à sa place ! Mais au moins le bruit couvre celui de mes pas dans les feuilles mortes qui recouvrent le sol. Donc je ne devrais pas déranger beaucoup d'animaux pour atteindre mon affût. J'ai d'ailleurs pris un chemin qui me permet d'y accéder par derrière sans que je traverse tout le bois, car les chevreuils peuvent sentir nos traces même une heure après notre passage...


J'atteins l'affût. Je me glisse rapidement à l'intérieur en essayant de faire le moins de bruit possible. J'installe le trépied, la caméra, et un petit siège. Et l'attente commence.

Patience... Il n'y a rien. Il ne faut pas bouger, pas faire de bruit. Il faut juste observer, et écouter...

Le vent se calme. Des oiseaux commencent à chanter. La nuit est encore là, mais l'aube ne va pas tarder, car la forêt se réveille ! Les premières lueurs apparaissent et font ressortir les troncs d'arbres. Je redécouvre le paysage qui est devant l'affût. Attendre, il faut encore attendre.

Soudain j'entends du bruit dans les feuilles mortes. Ce n'est pas le vent ! Il y a quelque chose qui bouge là-bas. Et ça se rapproche ! La tension monte.

C'est un écureuil qui arrive et qui vient faire l'acrobate entre les arbres, dès les premières lueurs. Mais le temps que la caméra se mette en marche, et que je le cadre, il disparaît aussi vite qu'il est apparut.

Tout redevient calme. L'attente reprend. Les premiers rayons de soleil arrivent.

 

 Avec le froid, ce n'est pas évident de rester immobile pendant plusieurs heures.

Les tambourinements d'un pic résonnent au loin sur le tronc d'un arbre mort. Puis il se rapproche à son tour, d'arbre en arbre. Je l'entends fort, il ne doit plus être loin. Je démarre la caméra, je me tiens prêt. Et puis... plus rien. Il a du repartir. Mais tout à coup une tête surgit de derrière un tronc. Et le pic commence à le remonter dans une belle lumière.


Ce sera la dernière observation de la journée. Plus rien ne bougera après. Je me dis à chaque fois que tout peut surgir, à n'importe quel moment. Alors il ne faut pas que je parte, je n'ai pas attendu jusqu'ici pour rien. Mais le froid finit par l'emporter. Les mains engourdies, les fourmis dans les jambes, je plie bagage.

 



Si pour l'affût il faut avoir une bonne patience, ce qu'il faut c'est aussi de la persévérance. Car si on ne voit rien un jour, il faut y retourner, encore et encore, et alors ça finira bien par arriver. Qui sait, peut-être que quelque chose était caché des les buissons non loin de là et m'a regardé partir.

Ce n'est que partie remise !

 

Texte et photo : Guillaume Collombet