Portrait d'étudiant : Ariane Lamarsaude, 26 ans, Paris

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• Que faisais-tu avant d’atterrir à l'IFFCAM ?
Plein de trucs, j'ai erré dans le système scolaire, entre diplômes et année de césure en Chine, un master en en géographie et en aménagement, et un diplôme à l'ENS Ulm.

 

• Un réalisateur que tu affectionnes particulièrement ?
J'hésite, mais je crois que je vais dire Hayao Miyazaki. Je voyage dans chacun de ses films, tous me touchent, et j'adore son univers.

 

• Un réalisateur de documentaires animaliers que tu aimes ?
Pas facile. Il y en a dont j'admire l'éthique et l'énergie, comme les Lapied, d'autres dont je trouve les images sublimes (notamment les docs de la BBC)... Fabien Mazzocco et Marie Daniel regroupent belles idées, traitement intelligent et personnel, et esthétisme, ambiances, et fraicheur. Et puis ce sont des anciens de l'IFFCAM, alors j'ai d'autant plus d'estime pour eux.

 

• Un documentaire que tu recommandes ?
Récemment, j'ai vu la série de la BBC The Hunt. J'ai été scotchée devant l'écran, la beauté des images et la maîtrise du cadre, notamment pour des espèces difficiles à approcher, sont époustouflantes. Ceci dit, je ne trouve pas le scénario très développé. Assez classique dans la narration, mais aux images incroyables, et à l'immersion réussie du spectateur, j'avais bien aime Le Régalec, de Bertrand Loyer). J'avais beaucoup aimé L'ile Pyrénées de Marie Daniel et Fabien Mazzocco, un film intéressant et tout en douceur. J'ai vu il n'y a pas longtemps Bruxelles sauvage, faune capitale un film hybride de Bernard Crutzen, sur un sujet que j'aime bien !

 

• Sur quoi as-tu travaillé en M1 ? Et cette année ?
En M1, j'ai fait un film sur la cohabitation hommes-animaux dans l'espace. Cette année, je travaille sur les arbres, en les comparant aux animaux, dans les grandes étapes du cycle du vivant.

 

• Fais-tu aussi de la photographie ?
J'essaye, j'aime bien.

 

• Un photographe qui t'inspire ?
Un seul c'est dur ! J'adore les couleurs et les ambiances de Michel d'Oultremont. En plus, il est plus jeune que moi, et j'apprécie d'autant plus son travail. Joël Brunet a des images composées avec poésie et justesse, dans des ambiances montagnardes que j'aime beaucoup... Je pourrais continuer longtemps.

 

• Quel animal rêves-tu de filmer ?
Un lynx. Une mère lynx, avec ses petits. Je suis sûre que je raterais le plan tellement je serais excitée. Et un glouton, c'est un animal au comportement très intéressant.

 

• Où rêves-tu de faire un film ?
Partout ! J'ai très envie d'aller en Écosse et au Japon de l'envers. En Océanie, en Arctique...

 

• Où rêves-tu d'être dans dix ans ?
En Malaisie, en train de filmer des singes, ou en affût panthère des neiges en Sibérie... J'aimerais vraiment réaliser mes films, j'ai plein d'idées !

 

• Qu'est-ce que tu trouves le plus dur dans la réalisation de documentaire animalier ?
Rater une opportunité. Préparer le terrain, attendre des heures, ou des jours, se donner beaucoup de mal, et rater le moment quand il se présente. Ça n'arrive heureusement pas trop souvent, mais ça donne envie de s'ouvrir les veines en affût.

Le dérushage peut être très décourageant, s'il manque des plans, si on les a ratés. Et c'est très long, et demande beaucoup de rigueur !
Je trouve aussi très difficile de montrer le film une fois qu'il est fait.

 

• Et ce que tu préfères ?
J'aime toute la chaîne de réalisation. C'est un plaisir. Penser à une idée, la faire mûrir, se documenter, l'imaginer. Ecrire, réécrire, repérer, observer. Le cadre, c'est incroyable. Tu passes des heures dans un état d'attente, d'observation. J'adore le montage aussi, même si les premiers choix de plans sont toujours une souffrance. Le mixage apporte le relief, le lien. C'est un travail hyper complet, hyper stimulant, qui demande toujours un regard neuf et une introspection, on ne s'ennuie pas...

 

• Un souvenir de tournage ?
Pour le moment, mon plus beau souvenir c'est l'année dernière, quand je cherchais à faire un plan très rapproché d'un chevreuil. Un portrait, plein cadre. En affût, je n'arrivais pas à être assez près. Alors j'ai fait de l'approche, et j'ai maraudé pendant plusieurs jours. Et puis je suis tombée nez à nez avec un brocard, que j'ai réussi à filmer, avec quelques amorces de ronces.