Initiation à l'animation

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A leur demande, cette année les étudiants ont suivi une initiation à l'animation que nous raconte Julien :

L'animation, quel rapport avec le documentaire ? A première vue il est vrai qu'on peut ne pas le voir tout de suite, mais il suffit de creuser un peu pour se rendre compte que des liens unissent ces deux pans du 7ème art. Le genre documentaire animé qui refait parler de lui depuis la sortie de Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008) en est certainement l'exemple le plus évident.

 Mais plus nombreux encore, sont les documentaires avec une part d'animation. Prenons le cas du récent Il était une forêt de Luc Jacquet. L'utilisation d'animations par dessus des images en prise de vue réelle permettait alors l'illustration de phénomènes se déroulant sur des laps de temps trop longs pour pouvoir être filmés.

On peut alors facilement penser aux Times Lapses, techniques indissociables de la plupart des documentaires animaliers récents, qui revient à accélérer une séquence, ou plus souvent mettre bout à bout une séquence de photos prises à intervalles régulier dans l'idée de montrer un phénomène qui met trop de temps à se réaliser.

Que ce soit la construction de ma phrase précédente, un classique couché de soleil ou bien la pousse de champignons.

Alors que le second se fait facilement en extérieur, le troisième se réalise en studio où tous les paramètres gênants sont sous contrôle (humidité, lumière). On se rapproche alors de l'animation traditionnelle en volume (Wallace et Gromit). En tout cas en ce qui concerne les dimensions et l'éclairage !

C'est dans l'idée de pousser les autres étudiants à s'emparer des techniques de l'animation pour leurs films ainsi que d'aborder les questions de l'éclairage que je me suis mis en tête de faire venir à l'école des membres de l'association " l'Arrosoir à Emile " dont je fais partie :

Fabien Drouet, réalisateur et chef opérateur de films d'animation, coréalisant en ce moment la série Dimitri pour France 5, Oanell Le Briquir, membre de l'association et Damien Buquen qui en est président.

 Durant 3 jours, 3 différents plateaux ont été mis en place :

Un plateau dédié à l'animation en volume: Manipulation d'une marionnette articulée sur plateau aimanté.

Un plateau dédié à l'animation en multiplans:Manipulation à plat de papier découpé, sable, etc.

Un plateau dédié à la pixilation: Animation d'objets réels et de comédiens image par image.

Ce parti pris de l'animation dite traditionnelle étant à la fois du à un soucis évident de temps, mais aussi à la raison première de l'association « l'Arrosoir à Émile ».

L'atelier n'ayant pour vocation de n'être qu'une initiation, il est était donc plus intéressant d'aborder en pratique la décomposition des mouvements, phase inhérente à tout type d'animation.

Tout cela en alternance avec des parties théoriques : projections de films, débats, analyse filmique, principes de l'animation...

Et ce fut un succès, que ce soit du côté des participants (qui comptait aussi parmi eux deux anciens étudiants de la 2ème promotion) comme du côté des intervenants. En trois jours ce n'est pas moins d'une douzaine d'ultra courts métrages/séquences qui ont été réalisés. Moonwalk sur Thriller, nage ou vol à même le sol, ainsi qu'une loutre dont la place dans un film d'un étudiant de 1ère année est déjà réservé.

Espérons en tout cas que cette rencontre puisse faire germer de bonnes idées dans les esprits de tout ces futurs réalisateurs et être à l'origine d'échanges futurs tout aussi constructifs.